Regula Schmid & al. – Le dernier des Bourguignons

Revue « NZZ Geschichte» (seulement en allemand)
Nr 64, mai 2026
Verlag Neue Zürcher Zeitung, Zürich, 2026
ISSN 2297-2722
114 pages, dont 44 pour les articles relatés


En cette année commémorant les 550 ans des Guerres de Bourgogne, la revue « NZZ Geschichte » a consacré une partie importante de son numéro de mai 2026 à ce conflit marquant un tournant dans l’équilibre des forces en Europe. Quatre articles intéressants apportent différents éclairages.

Avec son article « Dschingis Karl » – jeu de mots et analogie avec Gengis Khan – Daniel di Falco montre l’expansion voire l’hégémonie du duché de Bourgogne, dont Charles rêvait de faire un royaume, mais qui s’est effondré comme un château de cartes dans ces années 1470.

Cet effondrement est visible dans le tableau d’Eugène Burnand « La fuite de Charles le Téméraire » que Martin Bieri analyse dans son article « Die Geschlagenen ».

Et Peter Niederhäuser montre dans son article « Die Tücken des Sieges » les conséquences que ces guerres ont eu sur les Cantons confédérés, tant en positif qu’en négatif.

Quant à notre vice-présidente Prof. Dr. Regula Schmid, elle consacre son article « Viele gehen zugrunde, viele werden steinreich » [« Beaucoup périrent, beaucoup devinrent très riches »] au butin accumulé par les Confédérés au fil de ces batailles.

Et il ne s’agit pas seulement de canons, d’orfèvrerie ou d’habits d’apparat que l’on peut encore voir dans les musées, mais de tout ce que les – souvent pauvres – soldats des contingents cantonaux purent emporter pour améliorer la vie quotidienne de leurs familles. Ce sont énormément d’objets qui ont été pillés et ont disparu du butin global qui devait revenir aux Cantons, mais ont permis nombre d’individus de ramener chez eux des pièces d’équipement, des armes portatives, des meubles, de la vaisselle, des habits, jusqu’à de l’argent ou des chevaux, voire des animaux de rente.

Cette possibilité d’enrichissement par le biais du butin personnel eut certainement un impact favorable sur l’engagement des contingents dans les campagnes suivantes, voire sur le mercenariat, mais donna cependant lieu à des critiques virulentes, particulièrement au XVIe siècle de la part des réformateurs.

L’article est richement illustré de photographies d’objets et de gravures d’époque.